Frédéric Gouis

Archive for the ‘Tahiti, fenua maohi’ Category

Adieu Les Nouvelles…

In Tahiti, fenua maohi on 21 mai 2014 at 23:33

26-04-57

C’est l’histoire d’un quotidien, le plus vieux de la Polynésie française, qui va disparaître. L’histoire serait banale tant la presse quotidienne papier vit très mal à travers le monde, faute d’avoir anticipé des temps plus difficiles lorsque tout allait bien. Là où cette disparition s’avère encore plus dramatique, c’est lorsque l’on souligne que la Polynésie ne compte que… deux quotidiens. Au-delà du drame social, c’est la liberté de la presse et son pluralisme qui se trouvent mis à mal par ce clap de fin… Les nouveaux propriétaires des Nouvelles de Tahiti ont décidé de trancher très rapidement en arrêtant sa publication, un peu plus d’un mois après leur prise de contrôle du groupe de médias locaux. 

Depuis sa création en 1957, ce quotidien a secoué le cocotier, que ce soit entre 1984 et 1988  lorsque Jean-Pascal Couraud (alias JPK) en était l’une des plumes, bien avant sa disparition, ou depuis une quinzaine d’années. Tous les matins en Polynésie, Les Nouvelles faisaient craindre à ceux détenant le pouvoir, ou le convoitant, qu’un de leurs agissements ne soit encore l’objet d’un pointage du doigt ou d’une révélation. Qui sait, Les Nouvelles ont peut-être parfois fait hésiter certains… Les Nouvelles, c’était, qu’il est délicat d’employer le passé, l’empêcheur de tourner en rond des politiques, l’empêcheur de faire n’importe quoi sur le dos de la population. Et puis, les Nouvelles c’était une marque de fabrique avec ses expressions entrées dans le vocabulaire local : « Le vieux lion », « President for ever », « Le clan des six iliens »…

Il ne va rester que La Dépêche de Tahiti, le navire amiral du groupe de presse racheté le mois dernier. Très consensuelle publication, La Dépêche remplissait parfaitement son rôle, attirant la pub tout en livrant une info qui n’égratignait pas trop. Dans la répartition des missions qui permettait au groupe de faire de l’info tout en ayant des ressources, le rôle du méchant c’était pour Les Nouvelles, de l’autre côté de la route.

Visiblement, les nouveaux propriétaires ne cherchent plus que la rentabilité. Logique pour des acheteurs. Après, on peut relever la rapidité de leur décision alors que, depuis 15 ans notamment, certains n’ont pas manqué de réclamer, qui, la tête de la rédaction des Nouvelles, qui, la fermeture du titre. En vain… Et puis, tirer le rideau sur l’aventure des Nouvelles le 23 mai interpelle en Polynésie. En 2004, cette date marquait la plus grande défaite électorale de Gaston Flosse, ouvrant ce qui devait être le Taui, le changement. Dix ans après, la disparition des Nouvelles vient démontrer que ce Taui ne s’est pas produit. La faute aux politiques, à la population, aux journalistes des Nouvelles peut-être aussi.

Pour finir, sachez que les cinq ans durant lesquels j’ai été un membre de cette rédaction resteront à jamais gravés dans mon esprit. La jeunesse, la soif de savoir, d’apprendre, de comprendre des journalistes côtoyés durant ces journées et ces soirées, à refaire la « une », à rappeler un interlocuteur pour lui faire préciser une phrase ou le taquiner avec une autre question, à lancer un dossier de deux pages à 20 heures, à monter la pagination de quatre pages au dernier moment, tout cela parce qu’une info ne pouvait attendre une journée de plus lorsque nos confrères seraient à leur tour au courant, ces centaines de jours et de nuits sont inoubliables. Et chaque matin, la fierté nous envahissait…

Un sentiment qui m’habite encore plus. « Le torchon » ou « Les poubelles », comme certains nommaient Les Nouvelles, devait sacrément embêter pour que sa disparition soit désormais la condition sine qua non de la survie de La Dépêche. Bonne chance aux amis qui y oeuvrent encore. Je sais que vous allez devoir avaler bien des couleuvres mais soyez forts, il ne reste que vous pour tenter d’éviter que le fenua ne soit sans voix discordante…

Aux Marquises, et en Polynésie, gémir n’est pas de mise, alors, adieu les Nouvelles !

Frédéric Gouis

UNE 25-09-2008 3-08-66 5-04-91 7-09-87   UNE 10-08-200711-01-77 14-02-6815-09-84UNE 18-10-2004 UNE 19-07-2007 UNE 22-01-2009 UNE 24-10-2006 24-10-87UNE 25-02-2008 29-03-63UNE N°15000

Teahupoo et son mana

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 6 août 2012 at 16:26

D’ici la fin du mois, je vais vous bassiner avec Teahupoo… A l’occasion du Billabong Pro Tahiti 2012, 5e des 10 étapes du tour mondial cette année, les images et les vidéos de surf à Tahiti et dans ses îles fleurissent telles des hibiscus.

Là, je vous propose de découvrir, via les compétiteurs, l’ambiance qu’il règne à Teahupoo, sur la presqu’île, à l’extrême sud de l’île de Tahiti. Pas d’hôtels 5*, de fans hystériques à l’idée de toucher Kelly Slater, de grosses animations sur le littoral pour attirer le chaland. Les surfeurs vivent chez l’habitant, tout le monde peut approcher, discuter avec les pros et même partager une bière ou un poisson avec eux. Ce Teahupoo way of life, le mana local, ce sont les globe-trotters de la planète surf qui vous le raconte ICI.

Et enbonus, du bodyboard, mais toujours en Polynésie, en cliquant sur l’image ci-dessous.

Fred

 

Teahupoo, coming soon…

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 31 juillet 2012 at 11:08

Dans la catégorie « The place to be », vous connaissez le Festival de Cannes, Roland-Garros et la Foire au pied de cochon de Sainte-Ménehould. La quatrième levée annuelle de ce Grand chelem incontournable débute désormais dans 16 jours à Teahupoo, sur la presqu’île de Tahiti : le Billabong Pro 2012, cinquième des dix étapes du Tour mondial cette année. Alors, si vous n’avez pas réservé votre chambre à la Pension Bonjouir, eh bien, vous dormirez sur un peue à la belle étoile. Peu importe, le principal étant de se retrouver sur un bateau de l’autre côté du récif, là où la vague de la passe de Havae se referme indéfiniment, pour admirer la façon dont les 36 meilleurs surfeurs au monde domptent le monstre d’eau…

Pour vous faire patienter, et tenter d’imaginer l’adrénaline qui monte doucement chez certains compétiteurs,voici quelques images des précédentes éditions dans le teaser officiel…

Fred

La Polynésie filmée autrement, suite et fin

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 29 juin 2012 at 22:19

Je vous avais déjà parlé de ce surf trip dans un post précédent.

Voici les derniers épisodes, on y voit la Polynésie -un peu- autrement.

Le 2e, le 3e épisode et la fin… Régalez-vous !

Fred

On peut aussi filmer la Polynésie authentique

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 19 juin 2012 at 20:16

Forcément, il s’avère difficile d’éviter quelques clichés. Néanmoins, ce surf-trip en Polynésie nous propose d’aller au-delà des images traditionnelles de riders pour s’intéresser, un peu, à la population locale… Et puis, s’explique -enfin- pourquoi le vert symbolise aussi la Polynésie. Allez, cliquez sur l’image pour 10 minutes de bonheur…

Fred

C’est free, c’est Bourez !

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 31 mai 2012 at 12:23

Allez, cadeau ! C’est la maison qui régale ! Quelques images qui bougent de Michel Bourez, le surfeur tahitien, en pleine session free…

A partir de dimanche, retour à la compet avec les lycras officiels pour la 4e étape (sur 10) du World Tour, à Tavarua (Fidji). Un rendez-vous déjà essentiel pour le Brad du fenua, pour l’instant 12e du classement mondial, mais qui ne parvient pas à aller en décrocher une.

Go, Spartan ! Go…

F.G. 

Teahupoo demeure unique

In Le fil, Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 5 mai 2012 at 14:46

Les Billabong XXL Big Wave Awards 2012 sont connus. Le californien Nathan Fletcher décroche le titre de rider de l’année et du meilleur tube, une vague surfée le 27 aout 2011 à Teahupoo, Tahiti. Ici pour le palmarès complet.

Pour en (re)prendre plein les mirettes, voici les vagues des nominés…

 

Jour d’élection en Polynésie : La République pas si uniforme…

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 22 avril 2012 at 15:48

La Polynésie française a déjà voté, en ce dimanche. Comme toutes les communautés de la République française. Enfin, pas tout à fait… La décennie passée dans cette collectivité d’outremer m’a permis de couvrir moult élections, locales comme nationales. Alors, si je vis cette présidentielle depuis la métropole, voici un petit récit de mes souvenirs de scrutins, tel qu’ils se tiennent à 18 000 km de Paris.

Déjà, tout débute par des largages. Non de résistants, même si l’ambiance Radio Londres s’est emparée des réseaux sociaux, mais du matériel électoral dans les îles ne bénéficiant pas d’un aérodrome (une quinzaine de la soixantaine d’habitées sur les 118 qui composent la Polynésie française). Parfois, les bulletins de vote, professions de foi et affiches arrivent avec pas mal de retard de Paris. Pour respecter le timing, cela impose alors le recours aux avions militaires pour parachuter des documents au départ de Tahiti.

Hier, samedi, les 48 communes étaient prêtes à accueillir 189 680 électeurs (pour 270 000 habitants) pour la présidentielle. Les 12 heures actuelles en moins de décalage horaire avec Paris expliquent cette avancée pour un scrutin national (les municipales se déroulent le dimanche). Avec leur demi-heure d’avance sur Tahiti, l’archipel des îles Marquises se démarque un peu.

En dehors du rendez-vous républicain, le jour J, la Polynésie s’arrête de vivre. Pas de manifestation sportive ou culturelle, l’alcool est interdit à la vente depuis la veille au soir (non, le colonialisme existe encore…), et les supporters de chaque candidat se préparent comme pour un match de football !Le matin du scrutin, les abords du lieu unique de chaque commune qui regroupe plusieurs bureaux de vote sont pris d’assaut. D’abord par les vendeurs de boissons fraiches, de casse-croutes (oui, on ne dit pas sandwichs à Tahiti !) et de brochettes. Ensuite, les sympathisants des divers candidats mettent leur tenue à la couleur du parti qu’ils soutiennent. Et préparent leur siège pour tenir toute la journée jusqu’à la publication des résultats. Ensuite, lorsqu’il s’agit d’un scrutin local, les candidats se positionnement dans l’allée centrale, celle bordée de barrières où agglutinent les partisans avec leur tee-shirt et drapeau coloré, qu’empruntent les électeurs. Les candidats se font la course pour aller serrer la main de leurs concitoyens. Pendant ce temps-là, les mutoi, les policiers municipaux font, ou tentent d’établir, la circulation avec leur sifflet aux abords du lieu de vote, école ou mairie comme en métropole. C’est que, après avoir accompli leur devoir, les Polynésiens restent sur place, discutent, palabrent, et prennent des nouvelles de la famille… Et comme quasiment tout le monde est en famille, cela peut durer des heures… D’ailleurs, les ukulele ne tardent pas à sortir. On chante, alors. A Papeete, la capitale, un speaker aiguillonne au micro les électeurs, qui pour trouver son bureau, qui pour récupérer sa carte d’électeur, qui pour aller déplacer un pick-up qui bloque une servitude, une impasse.

Il faut savoir aussi,que le président du bureau de vote et ses assesseurs, et même les rideaux des isoloirs, affichent parfois les couleurs des partis politiques. Des fois, cela passe, d’autres fois le couperet tombe de la justice tombe, annulant le scrutin… Mais, on n’hésite jamais à afficher ses opinions politiques !Le tavana, le maire, de la commune passe la journée à attendre. Quant vient le soir, que les lumières donnent une ambiance particulière, que la douceur vient remplacer la moiteur, le dépouillement peut commencer. Après les comptage, les résultats sont proclamés par le tavana. En présence des candidats ou de leur représentant local, tous alignés cote à côte. Les perdants prennent la parole au micro officiel. Puis les vainqueurs. Et les supporters chantent, crient… C’est le signe que l’on peut aller fêter la victoire, ou tenter d’oublier la défaite, en débouchant quelques obus de Hinano, des bouteilles de 50 cl de la bière locale. Demain, on lira les résultats de tous les bureaux de vote dans les deux quotidiens locaux… Et l’on reprendra les palabres jusqu’aux prochaines élections de la République française.

Frédéric Gouis 

Bien calmement dans la queue…

On chante en attendant les résultats…

Les hommes politiques, ici Gaston Tong Sang et Philip Schyle devisent de la participation.

Les chants commencent dès le matin !

Le député-maire de Papeete Michel Buillard, et le speaker officiel, accueillent les électeurs.

Ah, ce n’était pas une élection présidentielle…

 

Gaston Flosse : qui était le menteur ?

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 12 avril 2012 at 20:47

La venue de François Baroin, ce vendredi à Tahiti, afin de participer à un meeting de soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy, me rappelle un grand souvenir professionnel, me rajeunissant de plus de cinq ans !

Je me suis fait traiter de menteur publiquement. Enfin en conférence de presse à la mode polynésienne. C’est à dire avec une tripotée de militants du politique qui faisait face aux médias. Cet élu, à l’époque et encore actuellement, sénateur et représentant à l’assemblée de la Polynésie française, vous l’avez reconnu, c’est Gaston Flosse. La scène se déroulait en septembre ou octobre 2006, de mémoire, au siège de son parti, Tahoera’a Huiraatira. Aux Nouvelles de Tahiti, l’un des deux quotidiens de Polynésie qui m’accueillait à l’époque, nous avions acquis la certitude que, contrairement aux multiples déclarations de Gaston Flosse, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur mais surtout quasiment déjà candidat à la présidentielle de l’année suivante, ne se rendrait pas dans le Pacifique Sud, du moins en Polynésie. Une info béton venant -notamment- de notre correspondant à Paris qui bénéficiait de tuyaux de premier ordre.

Lors de cette conférence de presse de 2006, dont le thème m’échappe désormais, j’en profite pour interroger le « vieux lion » à ce sujet. Et là, il me lance que je suis un menteur, moi et Les Nouvelles, « Le torchon » ou « Les poubelles » comme Gaston Flosse nous baptisait. Bref, j’était un menteur, Nicolas Sarkozy lui avait promis personnellement qu’il viendrait en Polynésie. Les politiques les utilisent tant, ils doivent très bien savoir que les promesses n’engagent que ceux qui y croient… Tant durant la campagne de la présidentielle de 2007 que pendant son quinquennat, Nicolas Sarkozy n’a posé un orteil sur le sable de Polynésie française au contraire de celui de la Nouvelle-Calédonie, avec un voyage en 2011. Visiblement, il ne tenait pas à s’afficher auprès de Gaston Flosse. Mais pourquoi donc… Et cela se perpétue avec la venue en Polynésie de l’unique tête d’affiche de l’UMP avant le 1er tour de la présidentielle 2012, ce vendredi à Tahiti : ce n’est toujours pas Nicolas Sarkozy mais le sémillant François Baroin ! Près de 6 ans après, il évite toujours de poser avec Gaston Flosse.

Allez, je ne vous en veux pas, monsieur le sénateur, je n’avais aucun doute quant à l’identité du menteur entre nous deux. Le problème entourait plutôt la population que vous avez roulé dans la farine pendant des décennies. Et qui, elle, ne savait pas…

Frédéric Gouis

Tim McKenna, le conteur visuel de Teahupoo

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 8 avril 2012 at 11:36

Evoquer Paris-Roubaix, plus que du cyclisme, une tragédie grecque, aurait été normal aujourd’hui. Toutefois, je vais plonger ceux qui ne connaissent pas la Polynésie, dans le rêve. C’est dimanche, c’est cadeau !

En fait, en villégiature en Bretagne, me promenant à Vannes hier midi, je me suis pris les photos de Tim McKenna en pleine tête dans le cadre de l’expo photo de mer. Dans la grisaille bretonne, les couleurs du Pacifique Sud, magnifiées par l’Australien, mais maohi d’adoption, n’en prenaient que plus de plus de relief. Alors, si vous ne connaissez pas le travail de McKenna, allez faire un tour sur son site ou son portfolio. Au-delà d’immortaliser des histoires de surf, ce photographe raconte la vague de Teahupoo, au bout de la route à Tahiti, comme personne. En témoigne son livre paru voilà trois ans encore disponible en métropole.

Goûtez, respirez, prenez en plein les yeux… Vous entrez dans le mythe…

Frédéric Gouis 

Les unes doivent encore pouvoir être orange -ou pas- !

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 2 avril 2012 at 21:42

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En découvrant cette une, ce matin, j’ai très fortement pensé à mes amis et anciens collègues de Tahiti. Libé, comme Le Figaro, rivalisent actuellement de une très engagées. La période de l’élection présidentielle s’y prête même si la campagne s’assimile pour le moment à une surfaceuse. Pour les novices en hockey sur glace, sous ce vocable se cache la machine permettant de refaire la glace de la patinoire, mais uniquement en surface. Le fond, les programmes, sont à peine évoqués par les deux principaux candidats. L’un s’est affranchi de celui décidé par son parti, se contentant d’annonces. L’autre oublie son bilan et n’a toujours pas de programme… Donc, les quotidiens surfent sur les petites phrases, les polémiques, l’accessoire. La forme pas le fond. Un régal pour des quotidiens qui doivent se renouveler et arrivent parfois 24 h après les sites, les pure-players et twitter… Et la, cette une fait remonter dans mon esprit les gros brainstorming qui entouraient la réalisation de cette vitrine quotidienne des Nouvelles de Tahiti. Tant d’interrogations, d’ajustements, de remises en cause pour accoucher d’une feuille à la vie si éphémère au final… Surtout, ces choix se réalisaient avec une latitude totale. Alors là, je voudrais juste leur dire que je pense fort à eux. L’info est un combat pour la démocratie. L’info l’a fait avancer, a libéré les paroles. Un retour en arrière est impensable. Impossible. Les quotidiens de Polynésie doivent pouvoir proposer encore des une comme celle-ci. Et pas seulement en raison de sa couleur orange !

 

Frédéric Gouis


Les surfeurs fous oscarisés

In Le fil, Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 30 mars 2012 at 12:22

Avant que le World Tour ne tienne sa 2e étape de l’année, à Bell’s Beach (Australie) à partir de mercredi, comme chaque année, Billabong va récompenser les surfeurs les plus fous. Ceux ayant pris la plus belle grosse vague et le plus gros tube. Dans cette dernière catégorie, cinq surfeurs sont en lice. Pas un Tahitien… Néanmoins, trois surfeurs sont candidats pour un tube surfé à Teahupoo, le spot de Polynésie française ! A déguster ici.

Frédéric Gouis 

Les esprits étriqués ont encore de beaux jours devant eux…

In Le fil, Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 3 mars 2012 at 17:59

Vous connaissez désormais ma propension à défendre farouchement le surf, sport bien trop méprisé et oublié par les médias en Europe. Et, ce matin, je tombe sur quoi ? Un tweet de Jean-Michel Aphatie, le journaliste politique de RTL et chroniqueur au Grand Journal de Canal +. Visiblement, cette personnalité (plus de 30 000 abonnés sur twitter), découvre que le surf figure en option sport au bac. « C’est beau la France. On est les plus forts » conclut-il ironiquement son tweet.

Au delà du profond mépris pour cette discipline, alors que Aphatie est natif des Pyrénées-Atlantiques, patrie du surf français s’il en est, le journaliste nous offre avec cette remarque un joli déni de la diversité française. Au bac, il faudrait donc uniquement pratiquer la natation, l’athlétisme ou la gymnastique, des sports bien comme il faut, traditionnels et reconnus par le Saint-Siège, et pas une discipline de chevelus blond, qui fument de la marie-jeanne et boivent Hinano ou Budweiser ? Pfffuuuu, bonjour les clichés…

Un chouia énervé sur le coup, j’ai répondu à Aphatie, lui soulignant qu’en Polynésie (où le surf doit figurer au bac), le va’a (pirogue à balancier…) peut aussi être présenté comme discipline sportive à l’examen de terminale. Une belle preuve que le bac, comme la France, ne répond pas à un formatage que certaines élites rêvent d’imposer à tous. Forcément, plus de cinq heures après, il m’ignore toujours.

En fait, cet épisode m’en rappelle un autre. Savez-vous, amis lecteurs de métropole et d’ailleurs, qu’en Polynésie, territoire de la République française, les jours d’élections, il est interdit de vendre de l’alcool. De mémoire, ces décisions émanaient du Haussariat, la préfecture locale. Une mesure qui n’existe pas en France métropolitaine, bien evidemment, tant elle déclencherait un tollé. Comme si les Français d’outremer ne savaient se tenir, étant soumis aux interdictions des mineurs de moins de 16 ans. Des enfants, des sous-humains. D’ailleurs, ils passent une épreuve surf, ou va’a, au bac…

Frédéric Gouis

MAJ 21 h 20 : En fait, tout vient d’une dépêche AFP assurément de notre ami Mike Leyral

PS : Allez, pour retrouver le sourire, voici la une du dernier Surf Session avec « notre » Michel Bourez !

Teahupoo, la France et le surf

In Le fil, Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 25 février 2012 at 15:42

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Vous allez me prendre pour un mono maniaque… Taper encore sur L’Equipe pour un sujet de surf, cela va devenir un exercice convenu du week-end. Pourtant, David Michel arrive de plus en plus à vendre le surf. Le Mag consacre ainsi un reportage à Gabriel Medina ce samedi. Dans le quotidien, il présente les cinq qui vont tenter de faire la nique à King Slater, en quête d’un 12e titre mondial. Bon, le tahitien Michel Bourez est encore oublié. Une habitude… Et puis, figure le programme de la saison. Hossegor est imprimé en gras pour signaler que l’étape se déroule en France. Pas Teahupoo.
Tahiti, ce n’est pas la France ? Le drapeau tricolore flotte bien à Papeete, non ? Un jour, ce pays sera peut être indépendant. Pas encore, là n’est pas le sujet de ce papier. Alors, que L’Equipe mette Teahupoo en gras ! L’étape polynésienne du circuit mondial le mérite tant.


F.G.

Il faut savoir se retirer

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 22 février 2012 at 21:42

 

Choisir, c’est renoncer“ lançait souvent, du milieu de l’open-space, mon chef SR favori dans une autre vie. Alors, oui, choisir de décrocher, en l’occurence, c’est renoncer. Renoncer parfois à toute une série de petits avantages, une notoriété, une reconnaissance, toutes ces attentions qui flattent l’ego.

 

En politique, cela semble délicat pour beaucoup qui attendent parfois de se faire rattrapper par la patrouille, qui les met alors d’office à la retraite après quelques condamnation ou privation de droits civiques, pour comprendre qu’il faut ranger l’écharpe tricolore.

 

Là, vous pensez que je vais encore glosser sur Gaston Flosse, le sénateur-réprésentant de l’assemblée de Polynésie française. A 81 ans en juin, il ne veut décrocher et s’accroche encore et toujours alors que son premier mandat national date de… 1978. En France, il n’est pas seul ! Prenez Jack Lang… Le député-Tour-de-France se verrait bien au perchoir de l’assemblée nationale. A 72 ans, ministre pour la première fois voilà trois décennies, il cherche encore un dernier rôle de premier plan, n’envisageant visiblement sa sortie que par ce passage par une grande porte. Désespérant… Dans le camp d’en face, Jean-Claude Gaudin affiche le même age mais garde toujours la barre de Marseille, la 2e ville de France, influençant à Paris depuis un tiers de siècle…

 

Nos politiques pourraient s’inspirer des sportifs. Non pas pour les combines, le recours au dopage, mais sur le fait que beaucoup évitent l’année, la saison ou le match de trop… Guy Roux l’a compris, après une ultime tentative à Lens à 69 ans, en 2007. Depuis, il commente partout et fait plus de pub que Johnny H. Un autre syndrome. Sinon, on risque d’aller vers de grosses désillusions. N’est ce pas Sir Alex Ferguson ou Jeannie Longo ?

Alors, en politique comme en sport, ce n’est pas à un âge fixe qu’il faut savoir décrocher ou raccrocher, mais après un certain nombre de mandat ou de saisons. Quand les jambes, ou les électeurs, n’en peuvent plus ! Se retirer, un art maitrisé seulement par les plus grands.

Frédéric Gouis


La Polynésie n’échappera jamais aux clichés…

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 19 février 2012 at 16:37

 

Très louable intention, je leur avais soumis le sujet en… 1999, L’Equipe Mag consacre ce week-end un reportage sur Hawaiki Nui Va’a. Sur six pages, cette course de pirogues polynésiennes à balancier, est décrite. Son ambiance, sa dureté…

 

Problème, comme souvent au sujet de la Polynésie, on tombe très vite dans la sucession de clichés. C’est -presque- normal, ce pays d’outremer français étant si peu connu en métropole qu’il en est réduit aux plages, aux cocotiers sur les plages, aux maohi tatoués sur les plages. Ou à l’eau turquoise du lagon… Le vernis n’a pas été gratté, la culture à peine évoquée. Dommage ! D’ailleurs, l’auteur, Frédéric Pelatan (je ne le connaissais pas) n’a pas effleuré ce qui, à l’instar d’autres sports, commence à gangréner le va’a polynésien, le dopage. Il ne s’est pas interrogé sur la performance surhumaine de ces rameurs qui avalent 125 km, dont près de 100 en pleine mer, en trois jours.

 

Et puis, nous, journalistes, détestons cela. Pourtant, pitié, faites relire vos papiers lorsque vous ne maitrisez pas assez le sujet. Cela évite de parler de “la baie de Tahaa“, de “la pagaie“, de “maha, plat traditionnel“, de “la pale“ ou de “la Heiva“ ! A force de lire autant de fautes sur un thème que tu maîtrises, comment ne pas en venir à douter fortement de ce qui est imprimé sur les autres pages. Que l’on ne s’étonne pas ensuite du peu de confiance des Français envers les médias…

 

De ce reportage, restent les images de carte postale, signées Sébastien Boué. Dommage, le ciel était gris pour l’arrivée à Matira. Quoi, Bora n’est plus irradiée de soleil ? Certains clichés foutent le camp !

 

Frédéric Gouis


Et Bourez, il compte pour des prunes ?

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 12 février 2012 at 22:03

Surf – Plus que 10 jours… La planète surf ronge son leach. Le grand cirque bleu reprend sa tournée mondiale le 25 pour onze étapes. Slater va-t-il pouvoir, et vouloir, aller chercher un 12e titre ? La jeune garde -sans complexe- apparue l’an passé, les Gabriel Medina et John John Florence, peut-elle réitérer sur une saison ce qu’elle a laissé entrevoir l’an passé ? Les chroniqueurs s’interrogent. Nous aussi.

Choisissant le prisme tricolore pour présenter cette saison, L’Equipe Mag de samedi a choisi de consacrer trois pages à Jérèmy Florès. Si David Michel, le spécialiste du surf à L’Equipe, qui joue des biscotos pour faire de la place à la discipline dans les pages du quotidien ou de l’hebdo, soit remercié, le choix de Florès interpelle…

Certes, il a remporté Pipeline, mecque du surf. C’était en 2010. D’ailleurs, Hawaii et Teahupoo sont largement évoqué dans ce reportage. Teahupoo… Ah oui, le spot de Tahiti ! Tahiti… mais c’est Michel Bourez ! Hélas, pas une seule fois le surfeur polynésien n’est cité dans ce papier. On y évoque Raimana Van Bastolaer, Heiarii Williams, sommités locales du horue*, mais pas celui qui a terminé la saison 2011 à la 6e place mondiale, le meilleur résultat jamais obtenu par un surfeur français…

Alors oui, Michel n’est pas du genre à tirer la couverture, à faire des déclarations fracassantes. Pourtant, à l’aube de sa 4e année sur le tour mondial, Bourez se trouve à un tournant de sa carrière. A 26 ans, cette saison doit le voir basculer vers le top, ceux qui remportent ces étapes du tour planétaire et jouent la couronne mondiale. Sa puissance, ses trois années d’apprentissage de l’élite, tout cela met les indicateurs au vert pour la Mission : podium.

Rendez-vous dans quelques mois, sans oublier la deuxième quinzaine d’août, au bout de la route à l’extrême sud de Tahiti… Peut-être qu’alors L’Equipe retrouvera la trace de Michel Bourez…

Frédéric Gouis

 

*Horue : surf en reo tahiti, la langue tahitienne