Frédéric Gouis

Archive for août 2012|Monthly archive page

Teahupoo et son mana

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 6 août 2012 at 16:26

D’ici la fin du mois, je vais vous bassiner avec Teahupoo… A l’occasion du Billabong Pro Tahiti 2012, 5e des 10 étapes du tour mondial cette année, les images et les vidéos de surf à Tahiti et dans ses îles fleurissent telles des hibiscus.

Là, je vous propose de découvrir, via les compétiteurs, l’ambiance qu’il règne à Teahupoo, sur la presqu’île, à l’extrême sud de l’île de Tahiti. Pas d’hôtels 5*, de fans hystériques à l’idée de toucher Kelly Slater, de grosses animations sur le littoral pour attirer le chaland. Les surfeurs vivent chez l’habitant, tout le monde peut approcher, discuter avec les pros et même partager une bière ou un poisson avec eux. Ce Teahupoo way of life, le mana local, ce sont les globe-trotters de la planète surf qui vous le raconte ICI.

Et enbonus, du bodyboard, mais toujours en Polynésie, en cliquant sur l’image ci-dessous.

Fred

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les journalistes de sports français…

In Médias, Surf & Foot on 4 août 2012 at 23:18

 

Pourquoi les journalistes sportifs français s’enflamment en commentant les épreuves des athlètes, notamment tricolore ? Le débat fait rage depuis une semaine et le début des JO de Londres.

Pour avoir bossé dans plusieurs quotidiens régionaux en sports, mais pas seulement, depuis plus de 20 ans, je me permets d’apporter ma pierre à la réflexion, déjà alimentée par Yann Cochennec sur Slate, notamment.

Excluons L’Équipe. Je n’y ai pas bossé et ne sait qu’elle y est l’ambiance. Et puis, le statut des journalistes, tous de sports en raison du caractère du quotidien, fausse un peu la réflexion. Au passage, j’utilise le terme « journaliste de sport » (et non sportif) comme on ne dit pas journaliste économiste ! Un journaliste n’est pas obligatoirement sportif pour relater des épreuves physiques tout comme, pour se spécialiser en politique ou en faits divers, il n’a pas besoin d’être passé par le suffrage universel ou avoir commis des braquages…

Déjà, un journaliste en charge des sports dans une rédaction généraliste est souvent montré comme un privilégié. « Les sports, un Etat dans l’Etat, une tour d’ivoire » lancent souvent les collègues des autres services d’un média. Pas faux !

Postulat, un journaliste de sports, c’est d’abord un passionné. Il le faut car il a débuté en couvrant des matches de foot de DH (6e niveau national), des cross même pas départementaux et des course cyclistes FSGT (la fédé sportive du travail) avant de relater, l’ancienneté aidant, du sport pro ou à l’échelle continental. Or, dans tout passionné se cache des fibres de supporter. Ces gênes peuvent alors transparaître dans son travail. Pour féliciter comme pour blâmer… Parfois aussi, le journaliste a bifurqué vers la tribune après avoir longtemps pensé briller sur le terrain. Il peut alors vivre l’existence d’un sportif de haut niveau par procuration.

Surtout, le journaliste de sports va connaître une ascension dont la courbe va accompagner les athlètes ou les équipes dont il assure le suivi. Une bonne saison, des tours passés dans une compétition, des performances intéressantes, sont autant de façons pour les sportifs de bénéficier d’une exposition prolongée auprès du public via les médias. Et pour le journaliste en charge de leur suivi de retirer pareil bénéfice auprès de sa hiérarchie et de ses collègues. Alors, il supporte avec plus ou moins de grosseur dans le trait, avec une tendance plus ou moins marquée à taire des erreurs ou enjoliver la situation. Il encourage, devient supporter plus que de raison, faisant sauter la retenue que son statut de journaliste impose pourtant. Il devient même proche des sportifs, partageant peines et joies jusqu’à certaines 3e mi-temps… Mieux « ses » sportifs se comportent, plus le journaliste devient essentiel dans son média. Il sait que cela peut être bon pour sa place, son avancement, sa primauté devant d’autres collègues, d’autres disciplines. Il légende le sport… Et il en profite. À lui les déplacements au-delà des frontières pour suivre l’équipe locale ou nationale à l’étranger. À lui les voyages de presse à l’invitation des collectivités territoriales pour relayer le performances des athlètes du cru engagés dans les compétitions internationales.

Alors, non ! Même s’ils affichent d’autres travers, comme l’utilisation d’un pathos dérangeant, Nelson Monfort, Gérard Holtz ou Patrick Montel, vilipendés depuis une semaine, ne sont pas des exceptions françaises. Pour y échapper, baissez le volume ou regardez les Jeux sur le site de France TV en streaming, avec le seul son d’ambiance. Là, c’est le public cocardier qui devient parfois horripilant…

Frédéric Gouis