Frédéric Gouis

Les médias se suivent… et se ressemblent !

In Le fil, Médias on 23 mai 2012 at 16:33


Le petit journal de Yann Barthès pointe quasi-quotidiennement les travers des chaines de télé, notamment celles d’infos, pour le mimétisme de leurs commentaires. Les journalistes de ces médias utilisent et usent souvent des mêmes termes et adjectifs, tel le désormais fameux « normal » accolé à François Hollande et mis à toutes les sauces, chacun de ses gestes, chaque élément de son comportement, étant affublé de ce « normal »…

Le phénomène n’est pas l’apanage de la télévision, s’observant chez les autres médias, notamment en presse écrite, qu’elle soit quotidienne ou magazine, dans le choix des sujets et des titres. Cette pratique porte un nom : le suivisme.

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Quels sont ses réseaux ? Avec ces trois interrogations, je pratique le suivisme -version ironique-, me moquant des couv’ des news-magazines qui abusent de ce titre pour de nombreux sujets…

Alors, pourquoi sommes-nous soumis à une telle uniformité du traitement de l’info par les médias ? C’est autant voulu que subi…

> D’abord, la course à l’exhaustivité engendre cette pratique. Il faut tout évoquer. Alors, on choisi l’angle le plus simple pour traiter les sujets, par manque de temps ou d’imagination. Et, comme les journalistes dans leur grande majorité sortent du même moule, les réflexes, les références et les tics de langage affichent une proximité extrême.

> Ensuite, faire différent nécessite des moyens humains donc financiers. L’investigation, détacher une ou plusieurs personnes pour ne produire qu’un sujet en une semaine voire un mois, coûte trop cher à l’heure des restrictions budgétaires, donc des micros-rédactions qui vissent les journalistes devant l’écran de leur ordinateur.

> Le suivisme tient aussi de la pression commerciale qui pèse sur les épaules des journalistes. La course à l’audience, aux ventes, fait que tout le monde se suit, par peur de louper la diffusion de quelques exemplaires ou de manquer de part de marché, pour ne pas avoir traiter tel sujet.

> Enfin, ce suivisme engendre -et est engendré- par l’uniformisme, le mainstream, le courant dominant, cette volonté de tenter de plaire aux maximum de téléspectateurs, auditeurs, lecteurs, internautes, à la fois… Quitte à les contenter moyennement plutôt que d’en satisfaire moins mais mieux !

J’avoue ne pas savoir comment ne pas céder à telle pratique… D’ailleurs, se pose une autre question, qui taraude nombre de journalistes et responsables éditoriaux ! Doit-on proposer à ses auditeurs-internautes-lecteurs-téléspectateurs (dans l’ordre alphabétique…) ce que l’on pense qu’ils souhaitent lire, quitte à leur filer de la merde (comme le font certaines chaines TV ou quotidiens) ou chercher à élever la pensée de ces mêmes consommateurs en les dérangeant, leur soumettant des sujets qui visent à nourrir leur réflexion (comme le font d’autres chaines et quotidiens…) ? Vous avez quatre heures…

Frédéric Gouis 

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