Frédéric Gouis

Présidentielle : la Résistance au secours de la twittosphère

In Le fil, Présidentielle #2012 on 19 avril 2012 at 22:00

Internet, ou le web, a décuplé l’inventivité. Ou du moins a fait exploser la diffusion de cette créativité, décuplant la médiatisation des idées et des réalisations de nombre d’esprits ingénieux. Ainsi, depuis le début de semaine, la twittosphère bouillonne… Comment contourner l’interdit découlant de la loi française au sujet de la diffusion des résultats de l’élection ? La Résistance leur est venue en aide !

Disposition engendrée par la disparité entre les différentes villes de France, les horaires de clôture du scrutin s’échelonnent entre 18 et 20 heures dimanche, la diffusion des premiers résultats demeure interdite avant 20 heures, puisque des électeurs peuvent encore voter. Les radios et les télévisions respectent -avec plus ou moins de rigueur- cette obligation depuis des lustres. La tentation, avec l’amplification via les réseaux sociaux des canaux de transmission de l’info, s’avère décuplée.

En 2007, des sites de médias Belges et Suisses avaient déjà ouvert une brève en mettant en ligne, dès 18 heures, les premières estimations « sortie des urnes » mais aussi les derniers sondages qui ne peuvent plus être rendus publics en France depuis le vendredi soir minuit, avant le dimanche du scrutin. Depuis 5 ans, Facebook et -surtout- Twitter ont changé la donne de la diffusion des nouvelles en France. Le petit oiseau bleu s’arroge désormais une part non-négligeable de la propulsion d’informations, même s’il renvoie vers des médias traditionnels. Du coup, le débat a surgit en cette dernière semaine de campagne sur les risques de diffuser, via Twitter, les résultats qui circulent dans les rédactions et les QG de campagne avant le gong libératoire de 20 heures. Les 75 000 € d’amende encourus font réfléchir les twitteurs amateurs, même si des médias traditionnels -mais rebels- agitent la menace de braver l’interdit.

L’esprit frondeur, hérité autant de de nos ancêtres gaulois que la débrouillardise et du système-D latin, semble avoir accouché de la parade pour contourner la loi sans tomber sous le couperet de la sanction : réinventer Radio Londres. Les messages codés, envoyés par l’état-major de la France Libre depuis la capitale anglaise lors de la 2nde Guerre mondiale à destination de la Résistance, devraient reprendre du service ce week-end.

En utilisant les surnoms des candidats à la présidentuelle (Flamby, le nabot, la fille de, Au miyeux, Mémé, Bisous, Grüüt, Bisou, Arlette Bis, ou ET…) vous pourrez y accoler une indication quant au % de suffrages recueillis. D’autres twitteurs envisagent de livrer des bulletins météo : « 24° à Tulle, 22° à Neuilly, 16° à Moscou, 12° dans le Béarn, 4° en Norvège… » Pour les twitters sportifs, ils pourraient lâcher des 140 signes à la façon d’une course cycliste ou de Formule 1. « Flamby de Tulle possède 2 minutes (ou tours) d’avance sur le Hongrois de Neuilly et 8 sur la Jeanne d’Arc bleue… ».

Sûrement pas aussi importants que « Les sanglots longs des violons de l’automne » ou « Il est temps de cueillir les tomates », lancés voilà près de 70 ans, les messages codés de 2012 perpétuent néanmoins la tradition de passer outre les interdits. Manque plus que le fameux « Pom, Pom, Pom, Pooom… » emprunté à Beethoven !

Frédéric Gouis

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