Frédéric Gouis

Un politique « sur le terrain », pas vraiment un 4×4 !

In Le fil, Présidentielle #2012 on 5 avril 2012 at 11:59

Vous narrez la campagne présidentielle présente si peu d’intérêt… Pour le moment, (enfin, il reste deux semaines, le rêve reste permis…) cette course à l’Élysée se résume à des arrestations d’islamistes devant les caméras, la tranche d’imposition à 75 % pour ceux dont les revenus excèdent un million d’euros annuel ou le débat télévisé à 10 candidats, qui se fera à 5… En fait, j’en viens à me demander à quoi ressemblerait la campagne sans internet et twitter et leur lot de micro-infos et de polémiques sur la forme ? En fait, que vaudrait cette campagne présidentielle si elle se déroulait en 1988 ? A rien ! Les grandes questions de société n’ont pas été abordés, quant à l’économie, ce sont les journalistes spécialisés qui en parlent le mieux !

Toutefois, ma colère s’explique par pire mobile. Ce qui me défrise le plus demeure les fameux déplacements « sur le terrain » selon des thématiques qui balaieraient le quotidien des Français. Mais que voient donc nos politiques durant ces plongées « en live » ? Qu’ils soient président, candidat à cette mandature, comme parlementaire ou aspirant en campagne, tous se prévalent d’aller « sur le terrain » pour prendre le pouls de la « vrai » France, celle qu’ils ne côtoient jamais. Pour avoir suffisamment couvert ces visites d’élus, où, en comparaison, le monde de Disney ferait presque figure de film d’horreur, je confirme que tout est fabriqué à l’occasion de lors de leur passage. Ce fameux « sur le terrain » tient du cinéma ! Et parfois, comme pour tourner une scène, les forces de l’ordre empêchent au quidam d’approcher… C’est pourtant lui que le politique est censé venir voir, celui qui incarne la réalité. « Sur le terrain », s’assimile donc à l’illusion pour tous. Nos élus pensent en repartir en ayant tout vu. Et compris. Quant au commun des mortels, celui qui reçoit le dignitaire, il croit que ses remarques, revendications ou conseils, seront pris en compte. Poudre aux yeux !

Je me souviens d’un maire d’une grande agglomération qui se baladait seul dans sa ville. Pour la voir réellement vivre, prendre son pouls, la sentir sans tous les artifices dus à son rang. Il discutait, sans une batterie de chargés de com et de spin-doctors, avec ses concitoyens. Il ne venait pas réciter un nouveau chapitre du story-telling écrit par sa « cellule riposte ». Il échangeait. Un exemple du siècle précédant…

Aujourd’hui, être « sur le terrain », c’est autant le dire que le faire. Cela permet de d’entretenir l’existence d’une certaine proximité avec les administrés. Enfin, ceux qui y croient encore… D’autres remettent à la mode le porte-à-porte. Comme de vulgaires témoins de l’Église des Saints des Dernier Jours ! Enfin, le principal demeure de montrer sa tête, son empathie et de passer sur les écrans. Ah, pardon, sur le terrain…

Frédéric Gouis 

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