Frédéric Gouis

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Jour d’élection en Polynésie : La République pas si uniforme…

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 22 avril 2012 at 15:48

La Polynésie française a déjà voté, en ce dimanche. Comme toutes les communautés de la République française. Enfin, pas tout à fait… La décennie passée dans cette collectivité d’outremer m’a permis de couvrir moult élections, locales comme nationales. Alors, si je vis cette présidentielle depuis la métropole, voici un petit récit de mes souvenirs de scrutins, tel qu’ils se tiennent à 18 000 km de Paris.

Déjà, tout débute par des largages. Non de résistants, même si l’ambiance Radio Londres s’est emparée des réseaux sociaux, mais du matériel électoral dans les îles ne bénéficiant pas d’un aérodrome (une quinzaine de la soixantaine d’habitées sur les 118 qui composent la Polynésie française). Parfois, les bulletins de vote, professions de foi et affiches arrivent avec pas mal de retard de Paris. Pour respecter le timing, cela impose alors le recours aux avions militaires pour parachuter des documents au départ de Tahiti.

Hier, samedi, les 48 communes étaient prêtes à accueillir 189 680 électeurs (pour 270 000 habitants) pour la présidentielle. Les 12 heures actuelles en moins de décalage horaire avec Paris expliquent cette avancée pour un scrutin national (les municipales se déroulent le dimanche). Avec leur demi-heure d’avance sur Tahiti, l’archipel des îles Marquises se démarque un peu.

En dehors du rendez-vous républicain, le jour J, la Polynésie s’arrête de vivre. Pas de manifestation sportive ou culturelle, l’alcool est interdit à la vente depuis la veille au soir (non, le colonialisme existe encore…), et les supporters de chaque candidat se préparent comme pour un match de football !Le matin du scrutin, les abords du lieu unique de chaque commune qui regroupe plusieurs bureaux de vote sont pris d’assaut. D’abord par les vendeurs de boissons fraiches, de casse-croutes (oui, on ne dit pas sandwichs à Tahiti !) et de brochettes. Ensuite, les sympathisants des divers candidats mettent leur tenue à la couleur du parti qu’ils soutiennent. Et préparent leur siège pour tenir toute la journée jusqu’à la publication des résultats. Ensuite, lorsqu’il s’agit d’un scrutin local, les candidats se positionnement dans l’allée centrale, celle bordée de barrières où agglutinent les partisans avec leur tee-shirt et drapeau coloré, qu’empruntent les électeurs. Les candidats se font la course pour aller serrer la main de leurs concitoyens. Pendant ce temps-là, les mutoi, les policiers municipaux font, ou tentent d’établir, la circulation avec leur sifflet aux abords du lieu de vote, école ou mairie comme en métropole. C’est que, après avoir accompli leur devoir, les Polynésiens restent sur place, discutent, palabrent, et prennent des nouvelles de la famille… Et comme quasiment tout le monde est en famille, cela peut durer des heures… D’ailleurs, les ukulele ne tardent pas à sortir. On chante, alors. A Papeete, la capitale, un speaker aiguillonne au micro les électeurs, qui pour trouver son bureau, qui pour récupérer sa carte d’électeur, qui pour aller déplacer un pick-up qui bloque une servitude, une impasse.

Il faut savoir aussi,que le président du bureau de vote et ses assesseurs, et même les rideaux des isoloirs, affichent parfois les couleurs des partis politiques. Des fois, cela passe, d’autres fois le couperet tombe de la justice tombe, annulant le scrutin… Mais, on n’hésite jamais à afficher ses opinions politiques !Le tavana, le maire, de la commune passe la journée à attendre. Quant vient le soir, que les lumières donnent une ambiance particulière, que la douceur vient remplacer la moiteur, le dépouillement peut commencer. Après les comptage, les résultats sont proclamés par le tavana. En présence des candidats ou de leur représentant local, tous alignés cote à côte. Les perdants prennent la parole au micro officiel. Puis les vainqueurs. Et les supporters chantent, crient… C’est le signe que l’on peut aller fêter la victoire, ou tenter d’oublier la défaite, en débouchant quelques obus de Hinano, des bouteilles de 50 cl de la bière locale. Demain, on lira les résultats de tous les bureaux de vote dans les deux quotidiens locaux… Et l’on reprendra les palabres jusqu’aux prochaines élections de la République française.

Frédéric Gouis 

Bien calmement dans la queue…

On chante en attendant les résultats…

Les hommes politiques, ici Gaston Tong Sang et Philip Schyle devisent de la participation.

Les chants commencent dès le matin !

Le député-maire de Papeete Michel Buillard, et le speaker officiel, accueillent les électeurs.

Ah, ce n’était pas une élection présidentielle…

 

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Présidentielle : la Résistance au secours de la twittosphère

In Le fil, Présidentielle #2012 on 19 avril 2012 at 22:00

Internet, ou le web, a décuplé l’inventivité. Ou du moins a fait exploser la diffusion de cette créativité, décuplant la médiatisation des idées et des réalisations de nombre d’esprits ingénieux. Ainsi, depuis le début de semaine, la twittosphère bouillonne… Comment contourner l’interdit découlant de la loi française au sujet de la diffusion des résultats de l’élection ? La Résistance leur est venue en aide !

Disposition engendrée par la disparité entre les différentes villes de France, les horaires de clôture du scrutin s’échelonnent entre 18 et 20 heures dimanche, la diffusion des premiers résultats demeure interdite avant 20 heures, puisque des électeurs peuvent encore voter. Les radios et les télévisions respectent -avec plus ou moins de rigueur- cette obligation depuis des lustres. La tentation, avec l’amplification via les réseaux sociaux des canaux de transmission de l’info, s’avère décuplée.

En 2007, des sites de médias Belges et Suisses avaient déjà ouvert une brève en mettant en ligne, dès 18 heures, les premières estimations « sortie des urnes » mais aussi les derniers sondages qui ne peuvent plus être rendus publics en France depuis le vendredi soir minuit, avant le dimanche du scrutin. Depuis 5 ans, Facebook et -surtout- Twitter ont changé la donne de la diffusion des nouvelles en France. Le petit oiseau bleu s’arroge désormais une part non-négligeable de la propulsion d’informations, même s’il renvoie vers des médias traditionnels. Du coup, le débat a surgit en cette dernière semaine de campagne sur les risques de diffuser, via Twitter, les résultats qui circulent dans les rédactions et les QG de campagne avant le gong libératoire de 20 heures. Les 75 000 € d’amende encourus font réfléchir les twitteurs amateurs, même si des médias traditionnels -mais rebels- agitent la menace de braver l’interdit.

L’esprit frondeur, hérité autant de de nos ancêtres gaulois que la débrouillardise et du système-D latin, semble avoir accouché de la parade pour contourner la loi sans tomber sous le couperet de la sanction : réinventer Radio Londres. Les messages codés, envoyés par l’état-major de la France Libre depuis la capitale anglaise lors de la 2nde Guerre mondiale à destination de la Résistance, devraient reprendre du service ce week-end.

En utilisant les surnoms des candidats à la présidentuelle (Flamby, le nabot, la fille de, Au miyeux, Mémé, Bisous, Grüüt, Bisou, Arlette Bis, ou ET…) vous pourrez y accoler une indication quant au % de suffrages recueillis. D’autres twitteurs envisagent de livrer des bulletins météo : « 24° à Tulle, 22° à Neuilly, 16° à Moscou, 12° dans le Béarn, 4° en Norvège… » Pour les twitters sportifs, ils pourraient lâcher des 140 signes à la façon d’une course cycliste ou de Formule 1. « Flamby de Tulle possède 2 minutes (ou tours) d’avance sur le Hongrois de Neuilly et 8 sur la Jeanne d’Arc bleue… ».

Sûrement pas aussi importants que « Les sanglots longs des violons de l’automne » ou « Il est temps de cueillir les tomates », lancés voilà près de 70 ans, les messages codés de 2012 perpétuent néanmoins la tradition de passer outre les interdits. Manque plus que le fameux « Pom, Pom, Pom, Pooom… » emprunté à Beethoven !

Frédéric Gouis

Présidentielle : Le sacro-saint dimanche 20 heures va tomber !

In Le fil, Présidentielle #2012 on 17 avril 2012 at 21:46

Cette campagne présidentielle, qui n’aura jamais décollé, s’offre une dernière polémique en fin de la course à 10. Il faut dire que, le résultat du 2nd tour paraissant acquis, le suspens n’entoure plus que quelques questions subsidiaires. Qui arrivera en tête ce dimanche ? Un 3e homme ou une 3e femme ? Le Top 5 dans quel ordre ?

La multiplication des sources d’infos « non-officielles », twitter aidant, proposant des alternatives à foison, la course aux résultats s’annonce. Les médias interrogent les médias pour savoir qui osera briser le sacro-saint dimanche 20 heures en lâchant en exclu les résultats avant tout le monde, quitte à se mettre hors-la-loi.

On connaissait, déjà usités en 2007, les sites d’infos belge (Le Soir) et suisse (TSR devenue RTS) pour savoir avant tout le monde. En 2012, les gazouillis de l’Oiseau bleu ouvrent de nouvelles perspectives. Tentantes mais punissables. Le célébrissime avocat-blogueur Maitre Eolas (http://www.maitre-eolas.fr) explique sur son compte twitter la législation en cours.

 Ce qui est permis :

– Jusqu’au 20 avril inclus, donner des liens vers les sites qui publieront ces sondages les jours interdits

– Tweeter un faux sondage ne tombe pas sous le coup de la loi

– Tweeter des sondages le jour du scrutin depuis l’étranger

Ce qui est punissable jusqu’à 75 000 € d’amende en vertu de la loi qui sanctionne la diffusion par tout moyen de résultats ou de sondages :

– Tweeter un sondage ou un lien depuis la France (même si c’est vers un site étranger) samedi 21 et dimanche 22 avril (comme les samedi 5 et dimanche 6 mai), tout comme uniquement le retweeter, que l’on soit Français ou non

Vous connaissez la précaution avec laquelle je me penche sur les sondage (mon billet du 22 mars), néanmoins, ces chiffres qui circulent le samedi et le dimanche (les fameux « sortie des urnes ») dans diverses corporations, certains n’hésitent pas à annoncer qu’ils vont les balancer et casser donc le fameux dimanche 20 heures. En voici deux :

Frédéric Gerschel « Grand reporter au Parisien. Accrédité à l’Elysée » a lâché ceci sur Twitter :

Un site « Les résultats de la présidentielle 2012 » veut « mettre en exergue l’incohérence de la législation française en matière de droit électoral. En effet, alors que la plupart des journalistes, des hommes politiques, des “insiders” connaitront les derniers tendances de la présidentielle et les résultats avant l’heure fatidique (à 20 heures) ; les citoyens doivent demeurer exclus de cette boucle. Ici, chacun pourra prendre connaissance des chiffres qui circulent à l’intérieur de ce cercle. (…) Cette initiative aurai pu se faire sur le territoire français néanmoins ce choix d’un hébergement hors de France veut renforcer le caractère absurde de cette loi. L’information est mondiale, ses sources de diffusion mondialisées ». De même, les auteurs de ce site annoncent que les deux samedi du scrutin, ils diffuseront les sondages réalisés la veille mais interdits de diffusion par la loi actuelle.

Ces initiatives risquent de se multiplier à l’avenir. A quand un média français « établi » brisant ce tabou ? En fait, une incongruité désormais…

Frédéric Gouis

Le football, la panacée pour la province

In LH Beach - Le Havre, Reims, Surf & Foot on 14 avril 2012 at 18:06

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au-delà de mon attachement pour ces deux clubs de football, professionnel pour le Stade, sentimental et filial pour le HAC, leur fin de saison s’avère primordiale. Pour eux et encore plus pour leur cité.

Depuis 1979, le club phare du Havre n’a connu que la Ligue 1 ou 2, le monde professionnel du football hexagonal. Le HAC, c’est une histoire qui dure depuis 14 décennies toutes rondes. Alors, une relégation en National, obscure 3e niveau du football français, tient de l’impensable. Depuis 1979, le Stade de Reims a laissé l’élite du foot tricolore continuer son chemin sans lui. 33 ans loin des meilleurs, pour un club unique, un club mythique dans le coeur de millions de Français pour ses épopées et ses deux finales de Coupe d’Europe dans les années 50, cela ressemble à une petite mort. Alors, redécouvrir la L1 au terme d’une saison qui ne les a jamais vu quitté le podium, le trio synonyme de sésame, cela devient comme une évidence pour Reims. Pour le HAC comme pour le Stade, rien n’y acquis. Le stress peut arriver tant les enjeux vont au-delà de la sphère sportive. Au-delà du ballon rond, quoi !

A Reims, malgré les efforts de « Invest in Reims » et de son soleil qui se lève à l’est, passé le champagne et la cathédrale, économiquement, donc médiatiquement, l’encéphalogramme reste plat… Le moniteur indique la même platitude du côté du Havre. En dehors de son port, même s’il devient celui du futur Grand Paris, la réputation flirte avec le néant.

Le football pro, surtout la L1, tient d’unique manière d’exister médiatiquement chaque semaine pour bien des villes … Auxerre, Lens, Laval ou Guingamp seraient inconnues sans le football. OK, ce sont des petites villes. Montpellier, Nantes ou Metz, des métropoles régionales, existent médiatiquement, économiquement par ricochet, par le football, le sport collectif en général.

Alors, vous comprenez l’extrême importance de monter pour Reims, ou de se maintenir en L2 pour le HAC…

Frédéric Gouis

Gaston Flosse : qui était le menteur ?

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 12 avril 2012 at 20:47

La venue de François Baroin, ce vendredi à Tahiti, afin de participer à un meeting de soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy, me rappelle un grand souvenir professionnel, me rajeunissant de plus de cinq ans !

Je me suis fait traiter de menteur publiquement. Enfin en conférence de presse à la mode polynésienne. C’est à dire avec une tripotée de militants du politique qui faisait face aux médias. Cet élu, à l’époque et encore actuellement, sénateur et représentant à l’assemblée de la Polynésie française, vous l’avez reconnu, c’est Gaston Flosse. La scène se déroulait en septembre ou octobre 2006, de mémoire, au siège de son parti, Tahoera’a Huiraatira. Aux Nouvelles de Tahiti, l’un des deux quotidiens de Polynésie qui m’accueillait à l’époque, nous avions acquis la certitude que, contrairement aux multiples déclarations de Gaston Flosse, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur mais surtout quasiment déjà candidat à la présidentielle de l’année suivante, ne se rendrait pas dans le Pacifique Sud, du moins en Polynésie. Une info béton venant -notamment- de notre correspondant à Paris qui bénéficiait de tuyaux de premier ordre.

Lors de cette conférence de presse de 2006, dont le thème m’échappe désormais, j’en profite pour interroger le « vieux lion » à ce sujet. Et là, il me lance que je suis un menteur, moi et Les Nouvelles, « Le torchon » ou « Les poubelles » comme Gaston Flosse nous baptisait. Bref, j’était un menteur, Nicolas Sarkozy lui avait promis personnellement qu’il viendrait en Polynésie. Les politiques les utilisent tant, ils doivent très bien savoir que les promesses n’engagent que ceux qui y croient… Tant durant la campagne de la présidentielle de 2007 que pendant son quinquennat, Nicolas Sarkozy n’a posé un orteil sur le sable de Polynésie française au contraire de celui de la Nouvelle-Calédonie, avec un voyage en 2011. Visiblement, il ne tenait pas à s’afficher auprès de Gaston Flosse. Mais pourquoi donc… Et cela se perpétue avec la venue en Polynésie de l’unique tête d’affiche de l’UMP avant le 1er tour de la présidentielle 2012, ce vendredi à Tahiti : ce n’est toujours pas Nicolas Sarkozy mais le sémillant François Baroin ! Près de 6 ans après, il évite toujours de poser avec Gaston Flosse.

Allez, je ne vous en veux pas, monsieur le sénateur, je n’avais aucun doute quant à l’identité du menteur entre nous deux. Le problème entourait plutôt la population que vous avez roulé dans la farine pendant des décennies. Et qui, elle, ne savait pas…

Frédéric Gouis

Hugues-Christos, le divorce qui gâche tout

In LH Beach - Le Havre, Surf & Foot on 11 avril 2012 at 21:12

Tout ça pour ça ! Mettre un terme à près de deux décennies de collaboration par une petite interview sans photo dans un bas de page de L’Equipe !

Ne partageant pas leur quotidien, je ne connais pas toutes les coulisses des relations entre le nageur havrais Hugues Duboscq et son désormais ex-entraineur Christos Paparrodopoulos. Néanmoins, cette séparation m’inspire plusieurs commentaires.

Certes, cette décision intervient près une grosse déconvenue lors des championnats de France, le mois dernier. Hugues n’a pas claqué les minimas pour décrocher sa sélection pour les JO de Londres. Pour le moment, c’est avec un survêtement de remplaçant pour le relais 4 nages qu’il pourrait participer à ses quatrième Jeux. Mais, surtout, ce rendez-vous d’août sera le dernier de la carrière d’Hugues avant sa retraite sportive à 31 ans. Alors, que cela se fasse avec ou sans Christos lors de ces quatre derniers mois, j’ai comme l’impression que cela n’y changera rien. Faut-il gâcher ces 20 ans de collaboration si près de la fin ? C’est un peu comme lorsqu’un couple divorce à 80 ans !

En fait, cette rupture semblait sous-jacente depuis septembre et la mise à l’écart partielle de Christos, Hugues préférant s’attacher le services de deux autres entraineurs. Alors oui, si les reproches faits par Hugues dans L’Equipe, qui pointe du doigt les absences de Christos après ses derniers échecs, paraissent surprenants, le fil semblait déjà rompu entre les deux hommes. Je conserve mon jugement, un champion comme on n’en fait plus, sur Hugues tout comme celui sur le sorcier grec, Christos, qui ne peut être étranger à sa carrière, même avec son tempérament bouillonnant de grec ! Alors, encore une fois, j’ai peur que cette décision ne change rien sportivement. Sauf à gâcher le fin d’une belle histoire, ponctuée d’une brouette de médailles et de records, entre un entraineur et son nageur…

 Frédéric Gouis 

Tim McKenna, le conteur visuel de Teahupoo

In Surf & Foot, Tahiti, fenua maohi on 8 avril 2012 at 11:36

Evoquer Paris-Roubaix, plus que du cyclisme, une tragédie grecque, aurait été normal aujourd’hui. Toutefois, je vais plonger ceux qui ne connaissent pas la Polynésie, dans le rêve. C’est dimanche, c’est cadeau !

En fait, en villégiature en Bretagne, me promenant à Vannes hier midi, je me suis pris les photos de Tim McKenna en pleine tête dans le cadre de l’expo photo de mer. Dans la grisaille bretonne, les couleurs du Pacifique Sud, magnifiées par l’Australien, mais maohi d’adoption, n’en prenaient que plus de plus de relief. Alors, si vous ne connaissez pas le travail de McKenna, allez faire un tour sur son site ou son portfolio. Au-delà d’immortaliser des histoires de surf, ce photographe raconte la vague de Teahupoo, au bout de la route à Tahiti, comme personne. En témoigne son livre paru voilà trois ans encore disponible en métropole.

Goûtez, respirez, prenez en plein les yeux… Vous entrez dans le mythe…

Frédéric Gouis 

La perfection de Slater ne suffit pas

In Le fil, Surf & Foot on 6 avril 2012 at 10:42

Réussir un parfait 10/10 sur une vague ne suffit plus à Kelly Slater pour remporter la compétition ! Pourtant son 360°, digne d’un skateborder, a déclenché les passions, et les 10/10 des juges… Dégustez-moi cela ici. Sauf que Mick Fanning a su combiner deux excellentes vagues à plus de 9/10 pour s’imposer, tôt ce matin, à Bell’s Beach, 2e rendez vous de l’année du World Tour. KS peut se consoler en prenant la tête du classement général. En route pour un 12e titre ?

 Frédéric Gouis

The Boat Race, ou HAC vs HAC

In Le fil, LH Beach - Le Havre, Surf & Foot on 6 avril 2012 at 09:49

Ce samedi se tient une compétition unique. Comme souvent, nos voisins British ne font pas dans la demi-mesure. L’épreuve a tout simplement été baptisée « The Boat Race », la course de bateaux. Rien que cela ! Sous ce terme, empreint de la modestie de la perfide Albion, se cache la course d’aviron opposant, depuis 1829, les universités d’Oxford à celle de Cambridge avec pour théâtre la Tamise.

Et là, vous me voyez venir avec mes grandes chaussures de sport. Oxford… Cambridge… Le marine… Le ciel… Vous pensez que je vais encore vous saouler avec le HAC. Pour ceux qui n’ayant pas encore connu la joie d’écouter mon récit sur les racines du HAC, Havre Athletic Club, je vous la fais courte. Le premier club de France de football et de rugby, le HAC, naquit en 1872 par la volonté d’employés anglais de compagnies maritimes installés au Havre. La moitié d’entre eux affichaient un diplôme d’Oxford, l’autre de Cambridge. Pour éviter des querelles séculaires, comme seuls nos amis British savent les générer, il fût établi que les couleurs du HAC seraient pour moitié le marine d’Oxford et pour autre moitié le ciel de Cambridge. Voilà pour l’histoire.

Demain, pour la 158e fois, les rameurs de ces deux universités se retrouve aviron à la main, le ciel face au marine. Pour suivre The Boat Race, cette course que seul les Anglais pouvaient imaginer et perpétuer, il faudra se brancher sur Eurosport à partir de 15 h 15 en France.

Ce sera donc HAC vs HAC… Pour une fois, nos couleurs ne devraient pas laisser échapper la victoire. Merci les Anglais !

Frédéric Gouis

MAJ : Le HAC ciel, Cambridge, l’a emporté pour la 81e fois cet après-midi. Oxford, HAC marine, reste à 76 victoires. Une course encore épique…

Un politique « sur le terrain », pas vraiment un 4×4 !

In Le fil, Présidentielle #2012 on 5 avril 2012 at 11:59

Vous narrez la campagne présidentielle présente si peu d’intérêt… Pour le moment, (enfin, il reste deux semaines, le rêve reste permis…) cette course à l’Élysée se résume à des arrestations d’islamistes devant les caméras, la tranche d’imposition à 75 % pour ceux dont les revenus excèdent un million d’euros annuel ou le débat télévisé à 10 candidats, qui se fera à 5… En fait, j’en viens à me demander à quoi ressemblerait la campagne sans internet et twitter et leur lot de micro-infos et de polémiques sur la forme ? En fait, que vaudrait cette campagne présidentielle si elle se déroulait en 1988 ? A rien ! Les grandes questions de société n’ont pas été abordés, quant à l’économie, ce sont les journalistes spécialisés qui en parlent le mieux !

Toutefois, ma colère s’explique par pire mobile. Ce qui me défrise le plus demeure les fameux déplacements « sur le terrain » selon des thématiques qui balaieraient le quotidien des Français. Mais que voient donc nos politiques durant ces plongées « en live » ? Qu’ils soient président, candidat à cette mandature, comme parlementaire ou aspirant en campagne, tous se prévalent d’aller « sur le terrain » pour prendre le pouls de la « vrai » France, celle qu’ils ne côtoient jamais. Pour avoir suffisamment couvert ces visites d’élus, où, en comparaison, le monde de Disney ferait presque figure de film d’horreur, je confirme que tout est fabriqué à l’occasion de lors de leur passage. Ce fameux « sur le terrain » tient du cinéma ! Et parfois, comme pour tourner une scène, les forces de l’ordre empêchent au quidam d’approcher… C’est pourtant lui que le politique est censé venir voir, celui qui incarne la réalité. « Sur le terrain », s’assimile donc à l’illusion pour tous. Nos élus pensent en repartir en ayant tout vu. Et compris. Quant au commun des mortels, celui qui reçoit le dignitaire, il croit que ses remarques, revendications ou conseils, seront pris en compte. Poudre aux yeux !

Je me souviens d’un maire d’une grande agglomération qui se baladait seul dans sa ville. Pour la voir réellement vivre, prendre son pouls, la sentir sans tous les artifices dus à son rang. Il discutait, sans une batterie de chargés de com et de spin-doctors, avec ses concitoyens. Il ne venait pas réciter un nouveau chapitre du story-telling écrit par sa « cellule riposte ». Il échangeait. Un exemple du siècle précédant…

Aujourd’hui, être « sur le terrain », c’est autant le dire que le faire. Cela permet de d’entretenir l’existence d’une certaine proximité avec les administrés. Enfin, ceux qui y croient encore… D’autres remettent à la mode le porte-à-porte. Comme de vulgaires témoins de l’Église des Saints des Dernier Jours ! Enfin, le principal demeure de montrer sa tête, son empathie et de passer sur les écrans. Ah, pardon, sur le terrain…

Frédéric Gouis 

Les unes doivent encore pouvoir être orange -ou pas- !

In Le fil, Présidentielle #2012, Tahiti, fenua maohi on 2 avril 2012 at 21:42

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En découvrant cette une, ce matin, j’ai très fortement pensé à mes amis et anciens collègues de Tahiti. Libé, comme Le Figaro, rivalisent actuellement de une très engagées. La période de l’élection présidentielle s’y prête même si la campagne s’assimile pour le moment à une surfaceuse. Pour les novices en hockey sur glace, sous ce vocable se cache la machine permettant de refaire la glace de la patinoire, mais uniquement en surface. Le fond, les programmes, sont à peine évoqués par les deux principaux candidats. L’un s’est affranchi de celui décidé par son parti, se contentant d’annonces. L’autre oublie son bilan et n’a toujours pas de programme… Donc, les quotidiens surfent sur les petites phrases, les polémiques, l’accessoire. La forme pas le fond. Un régal pour des quotidiens qui doivent se renouveler et arrivent parfois 24 h après les sites, les pure-players et twitter… Et la, cette une fait remonter dans mon esprit les gros brainstorming qui entouraient la réalisation de cette vitrine quotidienne des Nouvelles de Tahiti. Tant d’interrogations, d’ajustements, de remises en cause pour accoucher d’une feuille à la vie si éphémère au final… Surtout, ces choix se réalisaient avec une latitude totale. Alors là, je voudrais juste leur dire que je pense fort à eux. L’info est un combat pour la démocratie. L’info l’a fait avancer, a libéré les paroles. Un retour en arrière est impensable. Impossible. Les quotidiens de Polynésie doivent pouvoir proposer encore des une comme celle-ci. Et pas seulement en raison de sa couleur orange !

 

Frédéric Gouis