Frédéric Gouis

Hugues Duboscq, un champion comme on n’en fait plus

In Le fil, LH Beach - Le Havre, Surf & Foot on 25 mars 2012 at 19:27

Les derniers championnats de France de la carrière du Havrais Hugues Duboscq sont terminés. Il les quitte avec un seul titre et un temps trop juste pour participer aux Jeux Olympiques en individuel. Incongru. Mais sans déclencher des vagues à l’échelle de la nation, la une de L’Equipe ou un psychodrame sur les réseaux sociaux. Dans la discrétion, il accepte la sentence sportive. A 31 ans en août, il n’est plus ce qu’il a été. Au titre des « nageurs supplémentaires » pour le relais 4 nages, il sera néanmoins à Londres l’été prochain pour ses quatrième JO, ce qui doit être unique pour un nageur français. Il s’en fout d’être unique. Les médias aussi, d’ailleurs.

C’est toute la singularité du spécialiste de la brasse. Autant son entraineur historique, celui qui l’a découvert, poli et permis d’assurer une présence au plus haut niveau international depuis 12 ans, Christos Paparodopoulos, « le sorcier grec », fait montre d’un enthousiasme et d’une ferveur débordante, la marque méditerranéenne. Autant Hugues n’a jamais poussé une gueulante ou s’est répandu dans les journaux. Péter plus haut que son cul, ce n’est pas lui.

Personnellement, j’ai couvert ses premiers championnats de France seniors, en 98 à Amiens. Il découvrait le haut-niveau national non pas avec des yeux ahuris, non pas avec une envie de tout manger, non, normalement selon ses codes, comme un vulgaire championnat départemental. Ce n’était pas un dû. Ce n’était pas plus un rêve. Depuis 15 ans, il est comme cela Hugues Duboscq. Des milliers de km, tôt le matin à la piscine du Cours de la République l’ont endurci, mais il ne s’est jamais plaint. Jamais, il n’a rechigné pas plus qu’il n’a tiré la couverture, fait la star au Havre. Fin 2001, j’ai encore eu la chance de le côtoyer. Un stage à Tahiti sous la houlette de Lionel Horter. Il logeait, avec notamment Roxana Maracineanu, alors seule championne du monde française de l’histoire et vice-championne olympique, dans les locaux de l’institut des sports de Polynésie. Un vulgaire Creps des années 70, délaissant les hôtels de luxe qui leur tendaient pourtant les bras. Et à 6 heures, tous les matins, il se rendait à pied à la petite piscine de 25 mètres voisine, tirant les lignes d’eau et livrant les nouvelles du Havre.

Forcément, les livres d’histoire du sport retiendront ses 43 titres de champion de France, dont le dernier cette semaine sur 200 brasse, ses trois médailles olympiques (2004 et 2008), les 17 fois au total où il est monté sur un podium international. Pour ma part, le souvenir d’un garçon d’une humilité sans borne, d’une disponibilité extrême, et d’une fidélité au Havre restera gravé dans ma mémoire. Allez, il reste encore les JO pour profiter de sa singularité, espérer le voir sortir du placard et signer une sortie à la mesure de sa carrière. Unique !

Frédéric Gouis 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :